Témoignage de Candice en Bolivie

Par 31 juillet 2015 octobre 30th, 2017 À publier, La Bolivie, Vos témoignages

Pour moi, la Bolivie, après seulement deux semaines (ce qui est bien trop peu), c’est une convivialité sans limites, un goût pour le partage et une générosité à nulle autre pareille.. C’est une gastronomie (en tout cas a Cochabamba) à tomber par terre, des paysages à couper le souffle, et une culture abondante sous toutes ses formes. Mais la Bolivie c’est aussi des inégalités démesurées, de grandes difficultés sociales en corrélation avec la politique, et une minuscule place laissée aux minorités. On a beau avoir beaucoup de clichés sur l’Amérique du Sud, ça reste une région du monde pauvre par ses moyens mais tellement riche en culture et en générosité ! On en apprend beaucoup ! A travers LifeTime Projects, j’ai eu la chance de travailler dans deux centres différents.

Le premier, un orphelinat dit « gouvernemental » pour 25 enfants handicapés de 6 à 15 ans environ, un triste spectacle. Les handicaps sont variés, allant de simples problèmes d’élocution à des retards mentaux conséquents en passant par le syndrome de Down.. Vous vous doutez donc de l’attention nécessaire pour chacun. Et pourtant le personnel manque, malgré la présence de pédagogues, d’une orthophoniste, d’un médecin et de kinésithérapeutes, chaque enfant manque énormément d’attention, la plupart sont délaissés, livrés à eux mêmes même sans être autonomes…  Mais j’ai pu essayer d’apporter ma pierre à l’édifice en portant de l’attention individuelle à un maximum d’enfants, en jouant avec eux, en les aidant dans la vie quotidienne ou tout simplement en leur témoignant mon affection. L’équipe d’encadrement aurait besoin de conseils simples mais tellement importants pour améliorer ne serait ce qu’un peu l’hygiène, le développement de chaque enfant et la vie de l’orphelinat. J’ai pu voir des choses très choquantes mais ai aussi pu partager des moments très complices avec des enfants incapables de communiquer. Et puis jouer au foot avec un enfant qui ne peut pas marcher, prendre le temps de l’aider et voir son sourire s’illuminer.. Ça n’a pas de prix.

Le second centre, Nuestra Casa, est un lieu de réhabilitation pour des petites filles de 7 à 15 ans ayant subi des agressions sexuelles, en majorité au sein de leur propre famille. C’est un havre de paix, calme et plein d’espoir pour ces louloutes adorables, autonomes et très intelligentes. Leurs malheureuses expériences ont forcément laissé des traces mais leur force et leur courage sont épatants, ce qui nous pousse à apprendre de leur comportement face à leurs traumatismes. Là-bas l’interaction est bien plus présente qu’à l’autre centre, et les filles sont gentilles, attachantes, pleines de bonne volonté, autonomes, respectueuses et terriblement mignonnes ! Le centre suit un fonctionnement de microsociété : avec seulement 3 éducatrices, tout est impeccable au niveau du ménage, de la cuisine, du rangement.. Chaque petite fille a un rôle à jouer dans l’entretien du centre. Il m’est arrivé d’être entraînée par une fille de 7 ans qui m’emmenait passer la serpillère dans les douches a 9h du matin. Les plus grandes font la cuisine. Tous ces rôles sont désignés par un tableau très bien organisé.

Bien sur elles adorent jouer, peindre, me coiffer (elles voulaient toutes avoir mes cheveux et j’ai pu changer de coiffure tous les jours.. Pour mon plus grand bonheur! ), me peindre les ongles, danser, discuter ou tout simplement rire ! C’est là que j’ai le plus travaillé.. Et qu’est ce qu’on peut s’attacher en deux semaines ! Le pire est que ce centre ne bénéficie de presque aucune subvention gouvernementale (seulement l’équivalent de 10 centimes d’euros par Fille et par jour..Ce qui, même là bas, n’est rien), et survit grâce aux donations. Mais rien ne pourrait être aussi parfait sans la supervision des deux directrices qui veillent à ce que tout soit au mieux pour les filles et sont des personnes vraiment formidables. Un jour, on a fait une sortie au parc pour lequel elles avaient économisé longtemps. Quel bonheur de voir la joie des filles sur leur visage! Vraiment une super journée qui change de leur vie ordinaire où elles s’ennuient parfois. Elles ont pu se baigner avec moi dans la piscine du parc, a 7 degrés, autant dire que je ne sentais plus mes jambes, et que le lendemain j’étais bien enrhumée, mais elles étaient en pleine forme : preuve qu’elles sont très fortes.

J’ai également eu la grande chance de pouvoir visiter un orphelinat de bébés pendant un dimanche (exceptionnellement, parce que d’habitude il faut y travailler au moins 3 mois pour venir.. C’est la politique de la directrice qui considère que les bébés ne doivent pas être encore « abandonnés » par les volontaires, et c’est discutable mais tout à fait légitime ). J’ai tellement profité de ces deux heures de bonheur intense à partager avec les bébés de 7 mois aux plus grands de 5 ans.. J’ai même voulu en ramener un avec moi dans ma valise mais on m’a dit qu’à la douane ça ne passerait pas.. Mille câlins partagés, mille sourires illuminés, et un moment très émotionnel au moment de partir. C’est fou comme on peut s’attacher en si peu de temps ! Ces enfants ont tous été recueillis par les services sociaux dans des conditions déplorables, et dans des lieux horribles comme la poubelle ou dans un sac plastique… Certains ont même besoin d’opérations car ils ont été brûlés par les parents qui n’en « voulaient pas ». Le point positif dans ce malheur est le fait que l’orphelinat soit impeccable, tant par l’hygiène que par les jeux proposés aux enfants, par les supers éducatrices et la nutrition équilibrée. C’est un petit havre de paix pour ces enfants qui ne manquent de rien (sauf de famille évidemment), et la directrice est géniale et extrêmement à l’écoute de chacun.

Durant les week-ends et mon temps libre, j’ai pu fêter le 14 juillet à l’alliance française de Cochabamba, aller deux fois à la Cancha (gigantesque marché tout à fait mythique), déjeuner dehors pour découvrir la culture, et j’ai aussi pu essayer la Bachata, la danse locale très en vogue que j’ai adoré !! J’ai aussi été à l’équivalent bolivien de notre 14 juillet, durant lequel on peut déguster plein de plats délicieux et voir des feux d’artifices etc.. Et que serait un voyage à Cochabamba sans un passage par le Cristo !! Absolument magnifique, similaire à celui de Rio de Janeiro mais plus petit apparemment. Enfin ça reste impressionnant. Et la vue sur la ville est absolument magnifique.

Je qualifierai la vie à Cochabamba de très paisible et tranquille. La ville est entourée de montagnes et c’est tout simplement magique. Tout le monde est gentil… Tout le monde aide, tout le monde est souriant ! Alors que la vie est dure ! Forcément la vie est vraiment peu chère pour les européens. 1€ = 8 bolivianos… Plutôt attrayant. Mais les salaires boliviens sont aussi bien plus bas évidemment. On peut déjeuner dehors pour moins de 2€. Le climat est « inversé », c’était donc l’hiver, mais tout à fait différent du notre !! Des changements de températures incroyables, de 4 degrés le matin à 27 l’après midi : autant dire qu’il faut beaucoup de pulls mais aussi beaucoup de crème solaire car, étant en altitude, le soleil est très fort.

Au niveau de la sécurité, la Bolivie est considérée comme un des pays les plus sûrs, ou plutôt les moins dangereux, d’Amérique latine. Personnellement je n’ai eu aucun problème, sans avoir été escortée tout le temps. Les habitants disent de « faire attention » et donnent des consignes mais à aucun moment je ne me suis sentie en danger. Il faut seulement prendre des précautions, ne pas sortir habillé trop en « touriste », pas d’argent ou de portable dans les mains (et surtout pas de Smartphone!), et ne parler à personne. Comme dans tout pays pauvre où l’on pourrait envier la richesse étrangère et voler. Mais même du haut de mes 16 ans, on m’a dit de faire attention et on m’a accompagné les premiers jours, puis ensuite la vie et la sécurité est propice à l’autonomie.

Je suis donc rentrée de Bolivie avec une valise pleine de nourriture et de souvenirs locaux que j’ai pu acheter pour très peu, mais je suis surtout revenue avec des choses qui n’ont pas de prix, et qui ont bien plus d’importance, comme le sourire et le rire des enfants dans mon cœur, l’impression d’avoir vraiment pu leur apporter un peu d’aide et surtout des souvenirs qui font rêver et qui me pousseront à rempiler l’année prochaine pour plus longtemps, afin d’explorer plus loin et d’aider encore plus comme je peux. Je suis tellement reconnaissante et admirative envers toute l’équipe de LifeTime Projects, l’organisation avec laquelle je suis partie, qui a pu m’encadrer avant, pendant et après mon séjour, d’une façon attentionnée et motivante. Je n’aurais pas pu vivre une aussi belle expérience sans l’équipe de choc de l’association, Et il s’est avéré que c’était vraiment mon Lifetime project et que je vais le poursuivre parce que j’étais juste trop triste de rentrer !

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